Malheureusement, la Section canadienne de la Commission internationale de juristes (CIJ-Canada) a perdu un collègue et un ami avec le décès récent de M. le juge Ken Lysyk, de la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Il était un ardent défenseur de la CIJ-Canada, a siégé comme vice-président régional en C.-B. pendant plusieurs années et a participé à nos projets internationaux. Professeur de droit, sous-procureur général et juge, il a excellé partout. Il était bon et généreux et il nous manquera beaucoup.
Lan dernier, nous avons été témoins de la retraite de Mme la juge Claire LHeureux-Dubé, de la Cour suprême du Canada, et de la fin de son mandat comme présidente de la Commission internationale de juristes. Son passage aura profondément marqué les deux organisations. Avant sa retraite, la CIJ-Canada a organisé un petit dîner en son honneur à Ottawa, et vous avez tous et toutes reçu lhommage rendu à Mme la juge LHeureux-Dubé dans le bulletin de décembre. La CIJ-Canada est fière de sa contribution aux objectifs de la CIJ et de la reconnaissance nationale et internationale quelle reçoit toujours durant sa soi-disant « retraite ».
Deux autres membres de longue date de la CIJ-Canada ont aussi reçu des hommages internationaux cette année. Lancienne juge Bertha Wilson et Mme la juge Rosalie Abella ont mérité conjointement le prestigieux prix de la Fondation Gruber pour avoir « brisé les barrières limitant la participation des femmes dans le système juridique ». Toutes nos félicitations à ces deux juristes merveilleuses.
Vous aurez aussi appris dans le dernier bulletin que M. le juge Ian Binnie a été nommé commissaire de la CIJ. Encore une fois, Ian a fait preuve de générosité en consacrant temps et énergie à la CIJ-Canada, et son apport à la CIJ sera fort apprécié à Genève. Vous le verrez cet après-midi quand il présentera le prix Walter Tarnopolsky avec son humour et son brio habituels. Félicitations!
Le juge en chef Chaskalson, de la Cour constitutionnelle de lAfrique du Sud, a remplacé Claire à la présidence de la CIJ. Il existe cependant une autre position, moins en vue mais très influente, au sein de la CIJ : la présidence du Comité exécutif, présentement occupée par M. le juge John Dowd, de la Cour suprême de lAustralie. Nous avons invité M. le juge Dowd à visiter le Canada, et il a séjourné trois jours à Ottawa, au mois de mai, avec son épouse Jill. En dépit de la brièveté de son séjour, il a pu luncher à la Cour suprême et sadresser à un petit groupe de convives, où il a noté que le Canada possédait lune des sections nationales les plus efficaces de la CIJ. Nous avons aussi discuté de la possibilité de nommer un second commissaire du Canada, et je crois quil appuiera une telle nomination. Nous avons aussi assisté à un match éliminatoire des Sénateurs dOttawa, et son impression la plus durable du Canada sera certainement celle de 18 500 partisans debout, agitant des serviettes blanches en sépoumonant.
La conférence de Mme la juge Louise Arbour sur le Tribunal pénal international a été fort courue. La conférence a été enregistrée par CPAC (Chaîne parlementaire par câble) et elle est disponible à nos bureaux, si un membre désire la visionner. Plus de 50 juges, avocats, avocates, étudiantes et étudiants en droit ont assisté à la conférence, qui avait lieu à Ottawa, ainsi quà la généreuse réception offerte par Eugene Meehan et le groupe de la Cour suprême du cabinet Lang, Michener.
Finalement, la CIJ-Canada était extrêmement heureuse de recevoir une somme appréciable de la Fondation Paul A. Fournier. Offert grâce à linitiative de M. le juge Pierre-Claude Fournier, de la Cour supérieure du Québec, il sagit du plus important don privé que nous ayons reçu. Nous remercions M. le juge Fournier et la Fondation pour leur appui à la primauté du droit, à lindépendance de la magistrature et aux droits de la personne.
Développements institutionnels
Quand jai accédé à la présidence
de la CIJ-Canada, je navais pas dagenda et jétais
content de donner un coup de main en comblant une vacance. Je
me souviens davoir été recruté quelques
mois avant le Congrès annuel de 2001, à Saskatoon,
et que lun des arguments convaincants, cétait
quil ny avait pas grand-chose à faire parce
que lorganisme fonctionne « tout seul ». Il
est devenu vite apparent que si les choses se déroulaient
ainsi, un fardeau administratif très lourd devrait être
assumé par Pat Whiting, secrétaire de direction,
et par un petit groupe toujours les mêmes
à Ottawa et à Montréal. Ces personnes étaient
à la fois généreuses et dévouées,
mais elles avaient dautres responsabilités professionnelles.
Une telle concentration de responsabilités au sein de la
CIJ-Canada avait donc pour effet de limiter ce que lorganisation
pouvait accomplir.
Au même moment, nos membres situés dans dautres villes se disaient disponibles, et en ont fait la preuve lors des visites de M. le juge Zahid, du Pakistan, et du juge en chef Gubbay, du Zimbabwe. Cette disponibilité sest aussi manifestée dans la participation de juges, partout au Canada, aux projets internationaux sous la direction de Michèle Rivet. Nous comptons parmi nos 600 membres de toutes les provinces canadiennes des juristes éminents avocats, avocates, juges et universitaires. Nous sommes membres de la CIJ-Canada parce que nous avons à coeur la primauté du droit, lindépendance judiciaire et les droits humains internationaux. Nous voulons nous tenir informés de lactualité internationale, et nous voulons, dans la mesure du possible, appuyer nos collègues qui sont persécutés simplement parce quils veulent assumer leurs responsabilités comme juges et comme avocats.
Trois objectifs se démarquent à la fin de mon deuxième mandat à la présidence :
1. lidentification de programmes spécifiques au niveau national, et la création des postes suivants, avec des responsabilités en conséquence : directeur des projets internationaux; agent de liaison avec les facultés de droit; représentant aux affaires extérieures; correspondant; et Webmestre. Puis-je préciser que le poste de directeur des projets internationaux vise simplement à rendre officielle la fonction accomplie par Michèle Rivet depuis plusieurs années. Les quatre autres postes sont nouveaux, cependant.
2. le renforcement de notre soutien administratif. Si nos coûts de fonctionnement demeurent très faibles, cest grâce à la coopération de lAssociation du Barreau canadien, qui nous fournit des locaux et services à un prix très modeste. Mais nos activités accrues appellent un personnel accru.
3. lencouragement de projets plus importants au niveau régional, afin doffrir aux membres des activités auxquelles ils peuvent participer. Il existe un rôle appréciable pour les vice-présidentes et vice-présidents régionaux, mais aussi un lien avec le projet des facultés de droit.
Lapproche sous-jacente vise à définir et à déléguer des responsabilités spécifiques à nos représentantes et représentants nationaux, à notre personnel de soutien administratif et à nos vice-présidents régionaux, en fonction de services accrus et dune participation plus intense de nos membres. Laissez-moi passer en revue certains de ces domaines.
PROGRAMMES INTERNATIONAUX : nous recevrons un rapport de Michèle, mais laissez-moi vous dire quelle démontre de façon exceptionnelle ce quune seule personne peut réaliser. Si elle a tant accompli, cest parce quelle se fixe des objectifs élevés, parce quelle fait preuve de leadership et quelle a fait participer nos membres, partout au Canada.
LIAISON AVEC LES FACULTÉS DE DROIT : nous aurons un rapport séparé sur ce projet, qui faisait par ailleurs lobjet dun reportage dans le dernier bulletin. En bref, le professeur Daniel Gervais a entrepris didentifier, dans chacune des facultés de droit au Canada, un professeur qui agira à titre de représentant local de la CIJ-Canada. Ils renseigneront les étudiants et étudiantes au sujet de notre organisation et les encourageront à adhérer. Ils deviendront aussi une ressource pour les vice-présidents régionaux quand ces derniers recherchent des conférenciers et conférencières localement.
REPRÉSENTANT AUX AFFAIRES EXTÉRIEURES : Allan McChesney a accepté de renseigner lExécutif sur les développements au sein de la communauté non gouvernementale des droits humains, ainsi que des développements au ministère des Affaires étrangères et à lACDI. Il contribue aussi au moyen darticles au bulletin dans ces domaines.
CORRESPONDANT : David Aaron, de Vancouver, rédige des lettres exprimant nos inquiétudes au sujet de la persécution des juges et des avocats dans des pays étrangers. Le dernier bulletin fait état dune réplique indignée du juge en chef du Kenya, qui a cependant démissionné deux mois plus tard. La CIJ-Canada sétait jointe à un concert de voix contre la corruption judiciaire au Kenya. En agissant ainsi, nous avons obtenu des résultats quaucune organisation ou individu naurait pu réaliser seul.
Nous avons obtenu de bons résultats dans laffaire du juge Fergus Blackie, de Zimbabwe, qui avait été accusé dentrave à la justice. Il y a quelques semaines, on a retiré toutes les accusations qui pesaient contre lui. M. le juge Blackie a une cousine avocate à Regina, et cette dernière et sa mère nous ont écrits séparément pour nous informer de limportance, pour les victimes de persécution et leurs familles, de savoir quune organisation comme la CIJ-Canada les appuie. Cette avocate est devenue membre de notre organisation, quelle ne connaissait pas auparavant.
David sest donné comme objectif dexpédier au moins une lettre de la CIJ-Canada tous les deux mois. Notre lettre la plus récente a été expédiée au premier ministre et au ministre des Affaires étrangères de lIran.
WEBMESTRE : à notre réunion de lan dernier, jai annoncé la création de notre site Web, tout en reconnaissant que le contenu laissait à désirer. Notre Webmestre, le professeur Ken Norman, de Saskatoon, a plus que remédié à cette situation. Nous avons désormais un excellent site Web avec des renseignements opportuns sur lactualité internationale. Les lettres du correspondant et les réponses quil reçoit y sont affichées. De plus, notre section de documents permet daccéder à dimportants discours qui ne sont guère disponibles ailleurs, tels le discours prononcé par le juge en chef Richard au panel de lan dernier, et une conférence du juge en chef Robert à la dernière Conférence Albert Mayrand.
Au cours de la prochaine année, nous ajouterons au site les noms de tous les membres du Conseil, ainsi quune brève description de leurs rôles professionnels. Nous avons aussi lintention de créer une liste distincte pour les membres émérites du Conseil. Au fur et à mesure que les membres du Conseil sont remplacés, leurs noms seront inclus dans la liste émérite, où ils resteront à perpétuité. Ainsi, notre Conseil vous ouvre-t-il un portail dimmortalité !
ADMINISTRATION : jaimerais remercier lABC
de nous offrir un accès à coût modeste à
ses services. Nous avons notamment apprécié la présence
à nos activités du président de lABC,
Simon Potter, et de Robin Sully et Clare da Silva, de la Section
de développement international de lABC. Pat Whiting
continue dêtre la pierre dassise de notre administration,
même si elle dispose dun temps limité. Nous
avons récemment ajouté un second membre du personnel,
ce qui nous donne deux jours-semaine au lieu dun. Cette
embauche assurera un meilleur soutien aux représentants,
représentantes, aux vice-présidents et vice-présidentes,
et permettra à Pat de consacrer plus de temps au bulletin
et à la coordination des textes entre le site Web et le
bulletin. Notre pratique actuelle est de publier un texte sur
le site Web dès quil est disponible et de le reproduire
dans le numéro suivant de notre bulletin. Le texte est
ensuite retiré de la catégorie
« nouvelles » sur le site Web et demeure disponible
en permanence dans nos archives du bulletin. Pat a fait un excellent
boulot au fil des ans, largement dans lombre. Nous lui sommes
très reconnaissants.
VICE-PRÉSIDENTS RÉGIONAUX : les projets damendements aux règlements créent le poste de vice-président national, cest-à-dire le rôle assumé au fil des ans par Brian Crane. Le Comité des candidatures le recommandera à ce nouveau poste, et proposera la candidature de Ron Atkey au poste de vice-président, Ontario. Ron sest distingué comme professeur, avocat et ministre fédéral. Il a fort bien organisé le séminaire dirigé par M. le juge Bob Sharpe au sujet de la magistrature au Kenya. La candidature de Bob Richards sera aussi proposée à la vice-présidence des Prairies, en remplacement de David Matas. Bob a aidé à organiser la visite en Saskatchewan de M. le juge Zahid, du Pakistan, en 2000, et notre réunion à Saskatoon, lannée suivante. Au-delà des exigences dun cabinet prospère, il a accepté ce rôle avec empressement.
Dans ce contexte, je tiens à rendre hommage à la contribution de David Matas, vice-président de la région des Prairies depuis huit ans. Sa réputation nest plus à faire dans le domaine des droits de la personne, et notamment dans le domaine du droit des réfugiés. Sa présence au sein des ONG au fil des ans la convaincu de la nécessité dun roulement de personnel au niveau des cadres supérieurs. Il continuera de jouer un rôle actif au Manitoba, où il sera appuyé par John Martland, en Alberta, qui nous a offert ses services.
Avec ces nominations, nous aurons remplacé 80 pour cent de nos vice-présidents régionaux depuis deux ans, soit deux vice-présidents en 2001 et deux cette année. Ce roulement correspond à lappel, formulé par le Comité des candidatures, dun renouvellement continu de lExécutif.
Le rôle plus actif envisagé pour les vice-présidents régionaux pourrait inclure la création de comités régionaux informels, capables de lancer des projets locaux et de recruter des membres. Jentends les consulter au sujet des nominations au Conseil et aux demandes de participation aux missions internationales. Ils pourraient aussi devenir des porte-paroles régionaux en matière dindépendance judiciaire et de droits humains.
Conclusion :
Jai beaucoup apprécié les réactions
positives à nos projets. Nous avons fait beaucoup de progrès
au cours des deux dernières années. Ce fut un plaisir
et un honneur de vous servir à titre de président
de la CIJ-Canada.












